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LE TéLéPHONE PORTABLE AU COLLèGE, POUR OU CONTRE?

Votre enfant va entrer en 6ème et vous n'avez toujours pas tranché la question du téléphone portable. D'un côté, vous seriez rassuré s'il pouvait vous joindre à tout moment en cas de grève des transports ou de changement de planning, par exemple. De l'autre, vous êtes réticent à cautionner un écran supplémentaire, accessible par votre (jeune) ado vingt-quatre heures sur vingt-quatre, alors que vous venez seulement d'établir les règles d'usage de l’ordinateur et de la télévision.

POUR
Sophie Rondeau, parent d'élève, Paris XIXe : " Notre fils, Raphaël, a eu un portable à son entrée en 6ème, car pour la première fois il prenait seul les transports en commun. C'était un moyen de nous rassurer et, plus ou moins, de la "pister". Nous avions encadré l'utilisation de son téléphone par un forfait minimum. Depuis, rien à redire : il passe très peu d'appels et s'en sert surtout pour jouer et passer le temps dans le métro. Au cours de l'année scolaire, il se l'est fait confisqué deux fois: la première, parce qu'il avait oublié de l'éteindre en arrivant au collège, et son portable a sonné en classe; la deuxième, parce qu'il l'utilisait dans le car lors d'une sortie scolaire. Notre fille, plus jeune, réclame déjà un téléphone, alors qu'elle n'est qu'en primaire. Nous savons qu'il sera plus difficile d'encadrer sa pratique.

POUR
Flore, élève de 4ème dans un collège de Toulouse: " J'ai en un portable pour mes 12 ans, mais sans connexion internet. Je m'en sert essentiellement pour écouter de la musique dans le bus, entre la maison et le collège, ou pour envoyer des SMS à mes copines, le soir. Les surveillants, à la récré, ne disent rien quand on s'en sert. On le range avant d'entrer en cours, car on sait qu'on n'a pas le droit de l'utiliser... Enfin, on le met sur vibreur, et si on a un message on y jette juste un coup d'œil vite fait pour savoir qui c'est."

CONTRE

François Prado, professeur d'espagnol dans un collège de Colomiers (Haute-Garonne) : Il y a eu un changement de comportement depuis la généralisation du smartphone, il y a environ cinq ans.
Aujourd'hui, tous les élèves ou presque en on un, et cela dès la cinquième. L'usage en est très encadré, avec la sanction de la confiscation de leur téléphone, et les élèves le savent. C'est en début d'année qu'il y a le plus de dérives en classe, où ils continuent d'écouter de la musique, finissent leur partie de jeu ou sont sur les réseaux sociaux. Dans le collège, nous avons eu un seul cas d'élève qui a pris une vidéo pendant le cours à l'insu du professeur ! Je n'ai encore jamais eu d'élève qui trichait via son smartphone ou cherchait une traduction en direct, par exemple... En fin d'année, le dernier jour de classe, c'est le seul moment où je lâche du lest. En juin, le 3ème faisaient des photos de groupe et souhaitaient que je me joigne à eux pour un selfie, et j'ai accepté. C' est l'exception, à la règle. Nous avons aussi la chance d'avoir une directrice d’établissement intéressée par le numérique. Elle fait venir des intervenants pour sensibiliser les élèves à ce sujet, et notamment au cyberharcèlement via les réseaux sociaux."

Michel Coladon.



Source: France Mutualité, numéro 553- Juin 2015 - Famille.